Le 12 juin 2026, je suis monté sur la scène du Grand Théâtre du DevLille, en duo avec Jonathan Fritsch, pour « Reprenez le contrôle de vos données face aux géants américains ». C’était mon premier talk en conférence.

De quoi ça parle, en gros#
Le fond tient en une phrase : la souveraineté, c’est une architecture, pas un fournisseur. On file la métaphore d’une brasserie bien du Nord pour la rendre concrète — votre data, c’est votre cuve et votre recette : soit vous brassez chez vous, soit vous confiez tout à une brasserie externalisée qui peut fermer ses portes du jour au lendemain. Reprendre le contrôle, c’est remettre les briques sensibles (stockage, warehouse, orchestration) sur des standards ouverts qu’on maîtrise, avec de l’open-source opérable par une équipe normale.
Le vrai message, c’est la simplicité : vulgariser la souveraineté pour montrer qu’elle est à portée, et surtout ne pas tuer les souris au bazooka — on dimensionne juste, on ne déploie pas une usine pour traiter trois fichiers.
Et le fil rouge, celui qui me tient le plus à cœur, c’est le vendor lock-in. C’est le coût qui n’apparaît sur aucune facture : le jour où partir devient trop cher pour être envisagé, vous ne choisissez plus votre fournisseur, vous le subissez. Tout l’intérêt des standards ouverts — S3, PostgreSQL, Parquet — c’est de garder la porte de sortie ouverte. La souveraineté, au fond, ce n’est pas « être ailleurs », c’est pouvoir partir quand on veut. Le reste — la stack, les chiffres, le GO/no-GO — est dans les slides ; ici je ne refais pas le talk, je garde ce qu’il m’a appris.
La captation vidéo n’est pas encore en ligne au moment où j’écris ces lignes — elle arrivera prochainement sur la chaîne YouTube du DevLille.
La leçon : un sujet qu’on ne cadre pas dérive vers ses voisins#
Le plus instructif n’a pas été le talk, mais les questions — pour leur direction. Le sujet, c’était la souveraineté. Or les questions ont glissé ailleurs : le chiffrage précis des coûts marginaux, le catalogue des clouds européens.
Ce n’est pas un hasard. Sur mes slides, le coût s’affichait « 0 € hors coûts marginaux » — un chiffre avec un astérisque non développé. Et les clouds européens n’étaient qu’une tuile dans « Alternatives », sans contenu. Deux corners visibles mais non traités. Un point qu’on montre sans le creuser agit comme une invitation à le creuser : le public comble les blancs avec ses propres préoccupations. Le remède n’est pas d’en parler plus ou moins — c’est de choisir : soit on détaille, soit on annonce le hors-scope. Dire ce que le talk n’est pas, c’est protéger ce qu’il est.
Et cette dérive dit quelque chose : la faisabilité technique n’inquiète presque plus personne, c’est le coût au centime et le « par quoi je remplace AWS » qui occupent les têtes.
Premier talk, en duo#
Un seul conseil si vous hésitez : le format duo change tout. Moins intimidant qu’on ne le croit une fois lancé, et à deux on se passe la balle — il y a toujours quelqu’un pour rebondir. Le travail est dans la préparation ; le jour J, si le fil est clair, ça se déroule presque tout seul.
La suite#
J’ai proposé un talk au meetup PostgreSQL de Lille, à la rentrée 2026 — un REX sur le moteur de recommandation de Tossée, passé d’un couplage base graphe / MongoDB vers pgvector :
« Recommandez-moi une base de données (avant que mon catalogue ne le fasse tout seul) » Reco produit à la volée dans PostgreSQL avec pgvector, sans base vectorielle dédiée.
Le sujet est creusé dans cet article DataKhi sur les architectures de bases de données pour la recommandation.
Si pgvector, la reco ou la souveraineté data vous parlent, on se croisera sûrement par là.